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Pissette
#1
Un petit texte trouvé par hasard ... qui parle de Napoléon, de serres de l’aigle, de Fontainebleau et de ... nef encalminée  Big Grin

« Pie VII dans les serres de l’Aigle

Fontainebleau, « geôle dorée »

Napoléon à l’apogée de son pouvoir voulut détenir en France
le « vieillard opiniâtre » qui refusait de céder à ses exigences.
Pie VII fut transféré à Fontainebleau en juin 1812. Le geôlier avait
été soigneusement désigné. Lagorsse, un ancien religieux défroqué parvenu au grade de colonel de la gendarmerie, fut paré du titre d’adjudant du Palais, relevant de la Maison de l’Empereur. Pour sauver les apparences, on traitait le pape en hôte. Cette prison dorée – « une autre prison d’État »
au dire du cardinal Pacca - laissa Pie VII, à l’origine moine bénédictin, insensible. Il se refusa à paraître cautionner la fable de l’hospitalité impériale en acceptant un apparat hypocrite. Il se confina volontairement dans ses appartements,
et trouva longtemps la force de résister dans la prière et la lecture.
Cette réclusion volontaire porta un temps ses fruits.
Napoléon espérait briser à la longue ou circonvenir cet homme âgé, entouré
à dessein de prélats insignifiants ou acquis à la cause de l’Empereur, et privé
de ses hommes de confiance exilés à Fenestrelle ou à Vincennes. Fatigué,
sans conseil fiable, Pie VII vit surgir en janvier 1813 un Napoléon cajoleur,
qui manœuvra son prisonnier affaibli. Le maître des lieux - et encore d’une grande partie de l’Europe - arracha par surprise au souverain pontife sa signature au bas de préliminaires. Cet accord provisoire fut fallacieusement présenté à l’opinion comme un « concordat de Fontainebleau » et publié par le Moniteur officiel
comme une « loi de l’Empire ». Ce « concordat » fut bien éphémère car Pie VII, conscient de s’être laissé abuser et se ressaisissant à l’arrivée de ses vrais conseillers, rétracta sa signature en mars 1813. Loin des bouches du Tibre,
la nef de Saint-Pierre semblait encalminée près de l’étang aux Carpes. »

Giovanni Battista
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