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Sur la conjecture de Jarod
#1
Introduction

En février 2020, Jarod a publié le message suivant sur le Forum Officiel :


Citation :119008  - Saint-Jean dans la 520 : acrostiches ?

Je reviens sur le thème des herbes du visuel dans la 520. Si elles doivent évoquer Saint-Jean par l’intermédiaire des herbes de la Saint-Jean, alors cela nous conduit à nous ré-intéresser à la 500, à l’hymne à Saint-Jean-Baptiste, et aux acrostiches qui fournissent, dans la tradition franco-italienne, les sept notes de musique.
Après tout, devrait-on se dire, on ne fait pas grand-chose, en 500, de ce qui pourrait être un code à utiliser. Il y a les Ma-Me-Mi… de « Mais par le Mega… ». Mais, à ma connaissance, cela ne mène à rien de probant. Une hypothèse est que ce mode de codage est à appliquer ultérieurement, et pourquoi pas dans la 520.
Je réintroduis donc ici une observation que j’avais faite il y a pas mal d’années, mais qui n’a soulevé aucune réaction sur le forum à l’époque. Dans la 520, on peut relever 10 syllabes, initiales de mots, qui paraissent fonctionner comme les notes de l’hymne (je romps le texte aux endroits voulus, vu que je ne sais pas comment souligner ou mettre en gras ici) :

(Entre eux, il n'y aurait que deux intervalles)
S'Ils étaient alignés. Mais ce serait
LÀ un jeu bien trop
FAcile ! Maintenant que tu as dénoué tous les fils, Le
DOute est le dernier supplice qui te
Sera Infligé. Car c'est
LA
RÈgle de cette partie cruelle: Seul, tu
DOis trouver où porter ta pelle. Montre ton
REspect pour Dame Nature, Et, avant de t'éloigner,
REferme sa blessure.

Une confirmation que ce n’est pas un hasard, serait que les deux occurrences du SI sont codées de la même façon que dans l’hymne à Saint-Jean : le SI est composé avec les deux initiales du dernier vers de l'hymne, « Sancte Iohannes ». Le S et le I sont pareillement séparés dans la 520, sur deux mots successifs (S’ + Ils, Sera + Infligé).
Un do-ut-e subsiste, c’est le cas de le dire ! La note DO devrait être notée UT. Mise en abyme, donc : le doute porte sur lui-même.

Si cette observation n’est pas une surinterprétation de ma part, il y a deux manières d’envisager un décodage à cet endroit :
– Supposer un codage qui utilise le texte de la 520 comme texte-source. Il faudrait traduire les notes, ou compter les lettres, les syllabes, que sais-je ? Je n’ai rien trouvé, mais je ne suis pas bon à cet exercice. Il est sûr que, s’il y a un texte-cible quelque part, celui qui trouve décroche le jackpot.
– Ou alors, les notes sont juste là pour dire qu’elles sont dix, comme les dix énigmes, comme les dix villes, et que l’on doit utiliser le cercle chromatique ou une spirale. Dans ce cas, l’instruction serait du type suivant : en fin de 650, on a une collection de points récoltés sur la carte de France, et ces points dessinent une forme qui permet de construire, soit un cercle chromatique, soit une spirale (par exemple par emboitement de rectangles d’or), dont le centre apparaît logiquement comme la zone.

À la lumière des modifications que Max a dû apporter à l’édifice des énigmes en étant contraint d’abandonner la version du Père Méhus, la seconde piste a ma préférence. Pour plusieurs raisons :
– En réécrivant la 520, Max n’avait pas le temps de concocter un codage aussi recherché que ceux des énigmes précédentes. Il faut envisager un truc assez simple. Essaimer 10 notes de musique est facile, alors que construire un texte-source auquel appliquer un code pour obtenir un texte-cible est plus laborieux.
– Le statut de la « B » dans la version « Père Méhus » est remarquable : elle figure comme 11ème énigme, ce qui suggère qu’elle n’était pas, à l’origine, faite que pour « donner l’ordre et rien que l’ordre ». Elle semble donner une instruction une fois que l’on a résolu les 10 énigmes précédentes. Et cette instruction est de fondre les couleurs dans le blanc : figure du cercle chromatique.
– Max a dit (de mémoire) que le résultat final est comme un feu d’artifice. C’est une idée que je sens bien : un final esthétique, du genre de ce qu’on découvre dans l’une des énigmes de la Toison d’Or, quand on se rend compte qu’après avoir relié tous les points sur la carte, on obtient le dessin de la tête de bélier.
Autre chose : Si l’hymne à Saint-Jean, les acrostiches, évoqués par la 500 servent pour la 520 dans sa version « Chouette », alors ils devaient aussi servir à quelque chose dans la version « Père Méhus ». Et comme la 520 de la version « Père Méhus » ne sert à rien qu’à nous renvoyer à la narration introductive, on peut essayer de chercher dans celle-ci quelque chose qui irait plus loin que les paréidolies de Paul Acher.


 
Jarod suggère donc dans la 520 la présence un décryptage encore inconnu basé sur les notes de musique. Son argument est que le texte comprend un grand nombre de mots commençant par des noms de notes de musique. Et que cela est annoncé par la présence de l’Hymne à Saint-Jean-Baptiste dans la 500, qui en fait le même usage.
Toute la question est donc de savoir s’il y a réellement dans la 520 un anormalement grand nombre de mots dans le texte qui commencent par une note à la manière de l’Hymne. J’ai tenté de vérifier cela.

 
Méthodologie

J’ai comparé la proportion de notes par mots retrouvée dans le texte de la 520 à deux échantillons de textes « aléatoires ». J’ai pris un premier échantillon dans les textes du XXe siècle publiés à ce jour dans le Wikisource, où ils sont classés dans des listes par ordre alphabétique : https://fr.wikisource.org/wiki/Cat%C3%A9...i%C3%A8cle . Parmi ceux-ci, j’ai pris le premier texte de chaque lettre, à savoir :

À deux le Jeu, Le baiser de Narcisse., C’était après la tiède, La dame du sonnet, L’eau vive, Faisons sauter la dernière arche, Les gaités d’un pantalon, La Halte, L’idée d’égalité et les Bolcheviks, Jardin nocturne, Karomama, De l’action directe, Ma sœur, je ne vous connais pas, Les naufragés du Jonathan, Ô cette soif, Pacte Molotov-Ribbentrop, Quand elle viendra, Les raisons de vivre de la Société des Nations, Le Sabotage, La Tache d’encre.
 
La littérature du XXe siècle ne reflète peut-être pas le vocabulaire de Max Valentin. J’ai donc sélectionné un échantillon de vingt textes de celui-ci (j’ai exclu les chasses à partir du Trésor de Malbrouck, n’étant pas certain si les textes étaient de Max Valentin ou Phil d’Euck). Ce genre de sélection n’est jamais formellement aléatoire. J’ai tenté d’être le plus diversifié possible. J’ai pris des passages pouvant être comparable en longueur à la 520, et où Max valentin n’avait pas de contraintes d’écriture. J’ai donc pris :

Le piège de la botaniste – Chapitre I, cinq premières phrases
Les murs de marrent - Préface à l’édition 1997, cinq premières phrases
Le guide du chercher de trésors - Introduction, cinq premières phrases
Concevoir et rédiger des mailings efficaces – Chapitre I, cinq premières phrases
La Chouette d’or – texte de l’énigme 560
Le Chouette d’or – texte de l’énigme 650
Le Chouette d’or – texte « Le trésor est là pour vous … ou pour l’éternité », cinq premières phrases
Le Chouette d’or – texte « Trésors, faits et légendes », cinq premières phrases
Le testament de Florence B - texte de l’énigme azimuth 0
La bourse de Saintoyand - texte de l’énigme de la page 1 du carnet de Saintoyand
Le trésor venu du futur – texte de La fiction, cinq premières phrases
Une histoire d’histoire – texte de La fiction, cinq premières phrases
Le trésor d’Orval – message de Pierre d’Orval dans l’arbre creu
Le trésor d’Orval - message explicatif de Pierre d'Orval au revers de la porte de la chambre mystérieuse
Chasse Paris-Match 1 - Énigme 1
La Chasse aux allergènes – Région 1, étape 1
Publiciste « Le triangle mystérieux »
Enigme estivale « Des Coups et des douleurs », cinq premières phrases
Message 52561 sur lachouette.net « 10 ans déjà ! »
Madit n°6 DU 09-10-1995 « Cosa Autra »
 
 
J’ai extrait de chaque texte le nombre total de mots et le nombre de mots commençant par une note : énigme 520, textes du Wikisource, textes de Max Valentin, en excluant le titre du texte.
J’ai intégrés aux mots les mots les mots d’une lettre notamment les pronoms et articles élidés, les acronymes et abréviations, mais pas les nombres. Un mot composé est compté pour un seul mot.
J’ai considéré comme mots commençant pas une note ceux commençant par : do, ut, re, ré, rè, mi, fa, sol, la, là et lorsque deux mots successifs commençaient respectivement par « s » et « i ».

J’ai déterminé pour chaque texte un ratio de mots commençant pas une note : Q = nombre de mots commençant pas une note / nombre total de mots dans le texte. J’ai calculé le ratio pour l’ensemble des textes du Wikisource, et l’ensemble des textes de Max Valentin, et l’écart-type.
J’ai ensuite comparé la proportion de mots commençant par une note dans l’énigme 520 avec la proportion attendue : premièrement en comparant avec le total des textes du Wikisource, deuxièmement en comparant avec le total des textes de Max Valentin. Pour la comparaison des proportions, j’ai utilisé le test du khi2.

 
Résultats

L’énigme 520 contient 10 mots commençant par une note, pour un total de 71 mots. Le ratio est de 0,14.
Les textes du Wikisource contiennent 153 mots commençant par une note , pour un total de 2677 mots. Le ratio total est de 0,06. Pour les textes pris individuellement, l’écart-type est de 0,025.
La comparaison des proportions par le test de khi2 dans la 520 et dans le Wikisource confirme bien la présence d’une différence significative, avec un p=0,003.
Les textes de Max Valentin contiennent 172 mots commençant par une note , pour un total de 2372 mots. Le ratio total est de 0,07. Pour les textes pris individuellement, l’écart-type est de 0,043.
La comparaison des proportions par le test de khi2 dans la 520 et dans les textes de Max Valentin confirme bien la présence d’une différence significative, mais moindre, avec un p=0,03.
On remarquera que le texte qui tire le plus la moyenne du ratio vers le haut dans la série de texte de Max Valentin est le texte de l’énigme 650. Le ratio y est de 0,19, un chiffre encore plus élevé que pour l’énigme 520.

 
Conclusion

La comparaison du texte de la 520 avec un échantillon respectivement de textes de la littérature du XXe siècle, et de textes Max Valentin, confirme bien dans les deux cas la présence significativement élevée de mots commençant par une note selon le principe du texte de l’Hymne à Saint-Jean-Baptiste. Cette différence est moins marquée dans la comparaison avec les textes de Max Valentin.


Pièces jointes
.xlsx   Conjecture de Jarod - Chiffres.xlsx (Taille : 21.78 Ko / Téléchargements : 22)
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#2
@Schliemann,

Superbe analyse !
Redeye63
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#3
Je ne connaissais pas le post de Jarod, ni même l'idée de départ.
C'est pas mal du tout !!! Je ne sais absolument pas quoi en faire, mais c'est intéressant en tout cas, merci !
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#4
Génial ! Cette conjecture m'avait totalement échappé !!

Par contre l'écart-type de 0.04 (1 sigma) est élevé, cela signifie que 68% (pour 1 sigma) des textes ont un Q compris entre 0.03 et 0.11, et probablement 99% (3 sigma) des textes ont un Q compris entre 0 et 0.07+3*0.04=0.19, donc on va dire que le 0.14 est statistiquement probable.
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#5
J'adore ce type d'approche ! Un grand bravo et merci pour le partage, Schliemann.  Heart

Pour autant, je ne saurais, hélas, qu'en faire pour le moment, ma piste en 520 m'emmenant présentement sur un autre terrain résolutoire que les notes de musique. Mais qui sait ?  Shy

Par contre, comme Jarod et toi, je défends aussi l'idée de la présence d'un cryptage dans la 520, cryptage encore inconnu à ce jour.

017
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#6
(2021-10-04,19:40)Schliemann a écrit : Entre eux, il n'y aurait que deux intervalles S'Ils étaient alignés.
Mais ce serait 
un jeu bien trop FAcile !
Maintenant que tu as dénoué tous les fils,
Le 
DOute est le dernier supplice qui te Sera Infligé.
Car c'est 
LA gle de cette partie cruelle:
Seul, tu 
DOis trouver où porter ta pelle.
Montre ton 
REspect pour Dame Nature,
Et, avant de t'éloigner, 
REferme sa blessure.

Conclusion
La comparaison du texte de la 520 avec un échantillon respectivement de textes de la littérature du XXe siècle, et de textes Max Valentin, confirme bien dans les deux cas la présence significativement élevée de mots commençant par une note selon le principe du texte de l’Hymne à Saint-Jean-Baptiste. Cette différence est moins marquée dans la comparaison avec les textes de Max Valentin.

Bravo pour cette contribution. 
Tout d'abord je donne ici le sens étymologique de 
Montrerdénouer les fils:


Cela confirme une utilisation des notes de musique dans cette énigme. On a aussi "où portée t'appelle" qui est connu. 

Puisqu'en 580 les notes de musique sont écrites à l'envers, on peut aussi possiblement en obtenir 16. 

Entre eux, il n'y aurait que deux intERvALles s'ils étaient ALignés. 
MaIS ce sERait là un jeu bien trop facile ! 
Maintenant que TU as dénoué tous les fils, 
Le doute est le dERniER supplice qui te sERa infligé. 
Car c'est la règle de cette partie cruelle: 
Seul, TU doIS trouvER où portER ta pelle. 
Montre ton respect pour Dame NaTUre, 
Et, avant de t'éloignER, refERme sa blessure.


L'avantage de cette méthode c'est qu'elle nettoie tous les accents. Aucune note n'est altérée. 
Cependant je crois que je préfère ta méthode (qui me semble plus élégante) même si elle n'utilise pas toutes les notes qu'il est possible de lire ou d'entendre (seRAIT, FACIle, ...) dans le sens de lecture. Il est possible aussi de récupérer les télestiches en plus des acrostiches comme le titre nous invite à le faire : LA terre s'ouvRE  (je laisse tomber l'hémistiche qui me semble mal centré)

En ce qui me concerne, j'ai toujours pensé que les chiffres de la 650 composaient une nouvelle fraction de jour sidéral. 
Alors avec 8 lignes de texte en 520 il est possible d'obtenir à nouveau une fraction en comptant les notes.
 amitiés
Apolléo
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#7
@Schliemann 
Merci pour ce travail très intéressant.
Brillante analyse, bravo !
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